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L’angoisse de mort en psychanalyse

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Que nous apprend l’angoisse de mort en psychanalyse ? C’est bien parce que nous ne savons rien de la mort qu’elle nous angoisse. Comment concevoir de ne rien en savoir, de ne rien en avoir vécu et de tendre ainsi chaque jour vers elle, inexorablement. Quoi de plus angoissant que de savoir qu’une séparation définitive nous attend, séparation d’avec la vie, d’avec les autres et d’avec soi-même et sa conscience d’être au monde. L’angoisse de mort en psychanalyse,

Naître à la mort

L’angoisse de mort en psychanalyse a été mise en rapport avec la peur de l’annihilation telle que peut la ressentir le nourrisson face aux dangers externes. Une approche psychanalytique comme celle de Mélanie Klein la considère comme innée et originaire.
Pour Françoise Dolto, “l’expérience de la naissance est la première expérience de l’émergence de la mort”, dans “Parler de la mort”. Notre venue au monde nous installe parmi ceux qui vont mourir. Elle implique d’emblée une perte : celle du placenta protecteur vécu par le nouveau-né comme une part de lui-même. Cette notion de perte est importante, car c’est elle qui tout au long de notre vie réactive l’angoisse de la mort pour la psychanalyse.

On peut dire que c’est l’émergence de la vie sexuelle et par voie de conséquence l’accès vers l’âge adulte, qui entraînent les représentations psychiques mortifères et l’angoisse de mort.

La perte de l’enfance pour accéder à l’âge adulte nécessite l’acquisition des valeurs accordées à la vie et à la mort. Ainsi donc, l’idée et la notion de la mort sont nécessaires pour quitter l’enfance (les enfants se croient immortels). Cette dualité (couple) vie – mort est le fondement même de la vie adulte. Il est par exemple classique et normal que certains adolescents témoignent d’une attirance ou d’une répulsion pour les événements macabres (obsèques, cimetières etc) en raison du symbolisme de ces événements et de leur participation dans l’évolution psychique. N’oublions pas qu’être adulte signifie “devoir mourir” un jour, l’angoisse de la mort en psychanalyse, résulte donc de l’affrontement de deux idées : vouloir vivre et devoir mourir. Il s’agit d’une évolution naturelle et normale de l’état psychique.

C’est la mort des autres qui nous fait prendre conscience de notre mortelle condition.

Moi aussi, je vais mourir. Un constat propre à l’homme et impossible pour l’animal qui vit dans l’ignorance du sort qui l’attend. Être un homme, c’est craindre la mort et inventer des rituels pour marquer son passage. Les spécialistes de la préhistoire ne parlent d’ “hominisation ” qu’à partir du moment où les grands singes velus que nous tenons pour nos premiers ancêtres, se sont mis à honorer leurs morts par des rites funéraires. Pourquoi ont-ils, dans la foulée, inventé les religions ? Probablement pour essayer de donner un sens à la vie et des images à la mort, univers de l’invisible et du non-représentable par excellence. Ce n’est pas un hasard si la majeure partie de la littérature philosophique s’emploie à nous aider à la penser. Peut-être, pour mieux la dénier : il est inutile d’y songer déclare Epicure : ” tant que nous sommes là, elle n’est pas ; quand elle est là, nous ne sommes plus. ”, ou tout simplement pour nous persuader de l’accepter avec sérénité.

 

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 Angoisse de mort et psychanalyse

Sigmund Freud, le père de la psychanalyse, conçoit la pulsion de mort comme une pulsion visant à l’abolition des tensions, à un état de non-être qui serait l’un des buts de tout organisme vivant. Par conséquent, le sommeil, pour les psychanalystes, correspond à une pulsion de “mort”. Il existe les pulsions de “vie”, celles qui nous gèrent au quotidien et qui en général prennent le dessus. Le sommeil répond à une pulsion de mort (inactivité inconsciente où l’on ne maitrise plus rien, à commencer par ses rêves).

L’insomniaque s’empêche de répondre à cette pulsion de mort : moins il dort et plus, inconsciemment, il se persuade qu’il est encore en vie. C’est d’ailleurs le cas des bébés qui pleurent la nuit, bien souvent pour répondre à l’angoisse des parents : dire que tout va bien, “tu vois maman, c’est la nuit et je suis en vie, alors rassure-toi, il ne m’arrive rien”. Pourtant le sommeil répond à un besoin physiologique. Paradoxe de la situation, si l’on ne dort pas, on finit par mourir.

Il existe aussi une théorie freudienne, dérivée du principe de plaisir, nommée le principe de Nirvana. Le but de ce principe serait de réduire l’excitation non pas à un certain seuil, comme le principe de plaisir, mais de la réduire à néant. C’est de ce principe que naîtra l’angoisse de mort en psychanalyse.

 

 Peur de la mort ou peur de mourir

La peur de la mort n’est pas la même chose que la peur de mourir. La mort est prise comme entité, représentée et nommée comme s’il s’agissait de quelqu’un. Certaines légendes la représentent comme “la faucheuse”, elle vient et vous emporte : ce n’est pas vous qui décidez et c’est là que l’angoisse prend son sens. Comme si c’était quelqu’un qui décidait pour vous le moment où vous ne serez plus sans finalement vous “demander votre avis”, or sa vie n’est-ce pas le principal élément de soi ? Sans la vie on ne peut être. La peur de la mort ce serait la peur de ce qui est “nommable” sans pour autant prendre un sens concret, un voyage vers l’inconnu que l’entendement ne pourrait atteindre.
Pour Jung, la peur de la mort est l’une des causes qui amène à combattre le changement. Il affirme dans « Métamorphoses de l’âme et ses symboles », que « le névrosé qui ne peut se libérer de sa mère a pour cela de bonnes raisons ». Au fond, ce serait l’angoisse de mort qui l’en retient.

La peur de mourir est plus à rapprocher d’une angoisse à vivre, de cette incapacité à profiter pleinement des événements de son existence, incapacité liée pour certains aux difficultés rencontrées durant l’enfance ou à la suite de traumatismes survenus à l’âge adulte. Lorsque cette peur est trop grande et qu’elle donne lieu à des comportements phobiques, il est important d’aller consulter afin de mieux repérer les événements en cause.