Accueil Les troubles Problèmes de couple Dépression Angoisse TOC Souffrance au travail Addictions Dépendance affective NEW Publications Série 8 livres — Le PN La manipulation affective L'@mour au coin de l'écran On parle de moi Blog Ma formation Téléconsultation Prendre rendez-vous
Les troubles

L'angoisse et l'anxiété

Comprendre la crise d'angoisse, l'attaque de panique et l'angoisse de séparation

La crise d'angoisse

Nommée également « attaque de panique » ou plus spécifiquement « névrose d'angoisse », la crise d'angoisse se traduit par l'installation brutale — sans circonstance déclenchante — d'un état d'anxiété intense. Souvent associée à un autre trouble psychologique (dépression, troubles anxieux, TOC), elle devient invalidante pour les patients atteints, surtout dans une forme chronique.

Quels sont les symptômes d'une crise d'angoisse, comment l'explique la psychanalyse et que faire pour la calmer ? Pascal Couderc, psychologue clinicien à Montpellier et Paris, vous informe.

Les symptômes d'une crise d'angoisse

Les crises d'angoisses vont souvent de pair avec une peur de mourir de façon imminente ou de devenir fou. Parfois, la conscience de l'individu est défaillante, au point qu'il ne sait pas qui il est ou en quel endroit il se trouve.

L'attaque de panique s'accompagne d'une oppression thoracique et d'un resserrement épigastrique et laryngé très caractéristique (sensation de boule dans la gorge).

Le mot angoisse (du latin angustiae, étroitesse, resserrement ; Angst en allemand) fait précisément ressortir la gêne, l'étroitesse de la respiration au moment où se produit l'accès.

Oppression thoracique

Resserrement épigastrique et laryngé, sensation de boule dans la gorge, souffle coupé.

Tremblements et palpitations

Augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle. Le corps tout entier réagit.

Peur de mourir ou de devenir fou

Sentiment de perdre le contrôle. Parfois, la conscience est défaillante au point de ne plus savoir où l'on se trouve.

Anxiété chronique

Entre les crises, un sentiment durable de tension interne, de peur et d'insécurité qui perturbe la vie sociale.

Cet état intense d'anxiété peut devenir chronique ou généralisé. Il correspond alors à un sentiment durable de tension interne, de peur et d'insécurité qui perturbe la vie sociale du sujet, en l'empêchant de se concentrer et de continuer à nouer des relations avec son entourage.

Le traumatisme de la naissance : prototype de toutes nos angoisses ?

D'un point de vue psychanalytique, l'angoisse prend racine lors de notre venue au monde. Le nouveau-né est d'un coup projeté dans le monde aérien, à la manière d'un astronaute qui aurait perdu sa combinaison spatiale. Il s'agit là d'une chute dans un vide.

D'Otto Rank à Freud, nombreux sont les auteurs qui considèrent que l'expérience que le nouveau-né fait du traumatisme de la naissance est à l'origine de l'angoisse névrotique de l'adulte, qui s'incarne pleinement dans la crise d'angoisse.

Jusqu'au moment de la naissance, le bébé se trouve dans un état de plénitude. C'est le bonheur utérin, l'union primale. Tous les besoins sont satisfaits : le bébé se sent rattaché. Il vient de passer neuf mois de sa vie dans un milieu liquide, maintenu de toutes parts par la pression amniotique, sans être soumis à la pesanteur.

Mais, au moment de la naissance, les contractions utérines sont telles qu'elles le mettent dans un état de contrainte extrême. Puis, il s'engage dans le canal utérin où la pression physique est considérable, avec certainement un sentiment très fort de suffocation. Il lui faut donc livrer bataille pour sa survivance.

Un moment angoissant qui rappelle l'attaque de panique. Il ne prendra fin que lorsqu'il aura perçu, dans un futur encore bien lointain, le sens intime de sa peau et de ses limites corporelles propres. Dans l'intervalle, c'est le contact et la chaleur du corps maternel qui reconstitueront « l'enveloppe de suppléance » la plus proche de l'état antérieur.

Le cordon ombilical coupé, le bébé se trouve pour toujours séparé de ce qui l'englobait — c'est le « paradis perdu ». Désormais, le voilà pris en charge de l'extérieur et non plus de l'intérieur, coupé de ce qui le contenait, le nourrissait, le réchauffait.

De cette étape, on ne se remet pour ainsi dire jamais. Cet état d'angoisse, de détresse psychique, de séparation, nous le revivons tous, à des degrés différents, dans notre vie de tous les jours.

L'angoisse pathologique et l'attaque de panique

On considère que l'angoisse de séparation de l'enfant avec sa mère devient pathologique lorsqu'elle prend la forme de violentes crises de panique. Il est normal qu'un enfant montre des signes d'anxiété dès qu'on le sépare de ceux qui le soignent. Mais l'angoisse pathologique se traduit par des états de sidération et des signes de détresse intenses et persistants.

Chez l'adulte, la crise d'angoisse est souvent associée à d'autres troubles tels que la dépression, à des troubles anxieux comme une phobie, à un trouble anxieux généralisé (TAG) ou à des troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

Ce sont les femmes et les personnes atteintes de spasmophilie qui en seraient les plus victimes. Les substances excitantes comme le café ne sont pas étrangères non plus au problème. On associe également l'attaque de panique à l'agoraphobie et au sentiment d'impossibilité à être secouru lors de la survenue de la crise. Un stress post-traumatique peut aussi être un déclencheur.

Les traitements de la crise d'angoisse

Bannir tout excitant dont l'usage est propice à l'apparition d'une crise d'angoisse sera un préalable au traitement. Le thérapeute choisira souvent l'approche de la thérapie comportementale et cognitive (TCC) pour traiter ce trouble.

Un traitement médicamenteux des symptômes physiques pourra être envisagé conjointement par la prise ponctuelle d'un anxiolytique, de type benzodiazépine. Un accompagnement médical conjoint au soutien de la psychothérapie est donc nécessaire.

Lorsque les crises d'angoisse se succèdent, un traitement de fond peut être préconisé, à base d'antidépresseur de type Inhibiteur Sélectif de la Recapture de la Sérotonine (ISRS) sur plusieurs mois.

En résumé

L'attaque de panique est un état d'anxiété intense qui s'accompagne d'un sentiment de perdre le contrôle et de symptômes somatiques extrêmes.

Sous une forme chronique, elle est fortement handicapante. Entre les crises, la peur qu'une nouvelle attaque survienne entraîne des conduites d'évitement qui perturbent la vie sociale et professionnelle.

L'angoisse de séparation chez l'adulte

Peut-on apaiser l'angoisse de séparation de l'adulte ? Oui, si tant est que l'on identifie ce trouble anxieux qui se révèle un handicap sur les plans affectifs et sociaux. Il est peu valorisé dans notre société d'être dépendant, ce qui induit souvent que l'on mette du temps à accepter d'être atteint d'« abandonnisme ».

La thérapie est pourtant une voie possible pour sortir de cette souffrance qu'est la peur de l'abandon, qui, plus qu'une autre certainement, a pris racine dans l'enfance.

Freud et l'angoisse de séparation

Freud, dans Inhibition, symptôme et angoisse, attribue la source de l'angoisse à la séparation, du moins à sa crainte et à la peur de la perte d'objet de désir — à l'origine, l'amour de la mère.

Selon lui, l'angoisse est un état de détresse psychique du moi devant un danger qui le menace. Danger qui réveille la détresse psychique et biologique éprouvée par l'enfant en l'absence de sa mère. Freud fait donc de la crainte de la séparation le prototype même de l'angoisse.

Par la suite, lorsque l'individu se met à la recherche de nouveaux objets, il cherche non seulement à trouver un objet, mais à retrouver l'objet originel perdu — le « paradis perdu » — qui avait autrefois apporté une satisfaction réelle.

Les symptômes chez l'adulte

Crises loin des proches

Crises d'angoisse qui surviennent lorsque la personne est éloignée de ses proches ou de la personne aimée.

Peur irrationnelle

Crises de panique à l'idée — irrationnelle — qu'il arrive quelque chose à ses proches.

Phobie sociale

Malaise à sortir de chez soi, difficultés dans les relations sociales, conduites d'évitement.

Symptômes physiques

Insomnie, palpitations, maux de ventre, maux de tête, nausées, changements d'humeur, crises de larmes.

Bien souvent, l'angoisse de séparation survient à la faveur d'une nouvelle relation amoureuse. En rencontrant un partenaire qui donne l'impression de combler des vides affectifs existants, le sujet en conçoit un attachement excessif qui dérive vers une peur de l'abandon, chaque fois que l'objet de désir s'éloigne.

Cette sensation particulièrement désagréable est invalidante. Elle rend la personne dépendante et peut affecter sa vie sociale dans son ensemble. Une angoisse profonde liée à une angoisse de séparation génère un risque dépressif certain.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quels sont les symptômes d'une crise d'angoisse ?

L'attaque de panique s'accompagne d'une oppression thoracique, d'un resserrement laryngé (boule dans la gorge), de tremblements, palpitations, augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle. Elle va souvent de pair avec une peur de mourir ou de devenir fou.

Qu'est-ce que l'angoisse de séparation chez l'adulte ?

C'est un trouble anxieux lié à la peur de l'abandon. Elle se manifeste par des crises d'angoisse loin de ses proches, des crises de panique irrationnelles, de la phobie sociale et des symptômes physiques (insomnie, palpitations, nausées). Elle survient souvent dans le cadre d'une relation amoureuse avec un attachement excessif.

Comment soigner une crise d'angoisse ?

Le traitement combine psychothérapie (souvent TCC) et éventuellement traitement médicamenteux. Bannir les excitants est un préalable. Un anxiolytique peut être prescrit ponctuellement, et un antidépresseur ISRS en traitement de fond si les crises se répètent. Un accompagnement médical conjoint est nécessaire.

Peut-on guérir de l'angoisse ?

Oui. L'angoisse n'est pas une fatalité. La psychothérapie permet d'abord de faire baisser l'intensité des crises, puis de comprendre les causes profondes — souvent enracinées dans l'enfance et la séparation primordiale — pour les traiter durablement.

L'angoisse n'est pas une fatalité

Pascal Couderc, psychologue clinicien et psychanalyste depuis plus de 35 ans, vous accompagne dans le traitement de l'angoisse et de l'anxiété. Consultations en cabinet à Montpellier et Paris, ou en visioconférence partout dans le monde.