troubles-obsessionnels-compulsifsLes troubles obsessionnels compulsifs, communément dénommées TOC, font partie des troubles psychologiques les plus répandus, après les phobies, les addictions et la dépression. La prévalence pour l’ensemble de la population sous 18 ans étant de 3,6 %. Ce trouble touche en majorité des jeunes et des enfants, même si 2 % des adultes seraient concernés.

Comment se manifestent les troubles obsessionnels compulsifs ?

Un trouble obsessionnel compulsif empoisonne en général la vie des personnes atteintes. Il fait irruption dans leur existence sous la forme d’une idée ou d’une pensée obsédante, dont elles n’arrivent pas à se défaire. Les troubles obsessionnels compulsifs entraînent un comportement visant à neutraliser la force de ces pensées : on le nomme la compulsion.

La vie des personnes souffrant de TOC est donc rythmée par le duo infernal obsession-compulsion, qui les perturbe et peu à peu, les handicape dans leur vie familiale, sociale et professionnelle.
Les obsessions les plus connues touchent à la propreté, la contamination ou les microbes et entraînent l’acte compulsif de se laver les mains de façon répétée ou de tout nettoyer autour de soi.
Mais les troubles obsessionnels compulsifs ne s’arrêtent pas là, épousant aussi la forme de la manie de l’ordre ou de la symétrie. Ils prennent aussi la forme de phobies envers la maladie ou de phobies d’impulsion (anxiété d’être coupable d’un acte répréhensible).
Les obsessions font toujours irruption sous forme de doutes ou de craintes incontrôlables et font partie, à ce titre, des troubles anxieux.
Les compulsions jouent le rôle de boucliers psychiques, censés endiguer ces attaques. Raison pour laquelle, elles se décomposent en gestes et en comportements très précis. On parle de rituels compulsifs, assortis d’un effet conjuratoire. Ces actes répétitifs ont pour but d’atténuer l’angoisse et l’anxiété. Les exemples les plus répandus concernent les actes de vérification, de répétition, de désinfection. La plupart du temps, les patients atteints ont conscience de l’absurdité de ces comportements, mais ne peuvent absolument pas s’empêcher d’y obéir.

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Certains troubles obsessionnels comme les comportements d’accumulation excessifs sont assimilés aux troubles obsessionnels compulsifs. Ils consistent à accumuler des objets sans besoin objectif et sans utilité, tout en demeurant incapable de s’en séparer. Les phobies sont aussi parfois difficiles à distinguer des obsessions. Citons par exemple l’obsession du malheur, avec la crainte qu’il n’arrive un accident, par exemple, à un être proche. Le trouble compulsif de surprotéger cet être va naître alors de l’obsession, assorti de rituels et de croyances irrationnelles : défense de porter certains vêtements, récitation de prières…

 

Le développement des TOC

 

Le rôle de la famille semble primordial dans le développement des troubles obsessionnels compulsifs. Bien souvent, les conjoints ou parents participent, bien malgré eux, à l’élaboration des rituels compulsifs. Le danger est donc qu’en tentant d’atténuer l’angoisse du patient, son entourage ne participe en fait à l’installation du trouble.

De plus, un Toc évolue très rarement de lui-même vers la guérison. Une fois la période de l’adolescence passée, seules les psychothérapies et les traitements médicamenteux sont susceptibles d’apporter une amélioration. Elle s’observe quand même dans 50 % des cas, mais il ne faut pas compter sur une disparition complète des troubles. Les progrès en thérapie permettent de les résorber à 75 %.
Il est à noter que ce trouble touche autant les hommes que les femmes, quand d’autres troubles comme les problèmes dépressifs ont plus tendance à concerner les femmes. Deux âges sont particulièrement critiques pour l’apparition des premiers symptômes : chez l’enfant autour de 10 ans et à l’âge adulte vers 21 ans. Les troubles semblent apparaître plus précocement chez les garçons que chez les filles. À l’adolescence, la dépression offre un terrain favorable à l’apparition de ce trouble chez les deux sexes.

 

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Qu’en pense la psychanalyse ?

Freud et Janet se sont intéressés de près à l’obsession. Freud établit une théorie de la névrose obsessionnelle à partir du cas de l’un de ses patients les plus célèbres : « l’homme aux rats ». Freud conclut que la névrose obsessionnelle résulte d’un conflit intrapsychique entre les pulsions de son patient et son surmoi. Le Moi, forcé de se plier à un compromis fait naître culpabilité et anxiété, accompagné d’idées obsédantes et de rituels conjurateurs. Le terme « névrose obsessionnelle » rentrera donc dans la classification des maladies mentales au XXe siècle, aux côtés des névroses phobiques et des névroses d’angoisse. Plus tard, le terme de « troubles obsessionnels compulsifs » viendra détrôner celui de « névrose obsessionnelle », dans une vision plus descriptive et comportementale de la pathologie, qui s’éloignera des fondamentaux de la psychanalyse.

 

Les traitements

 

C’est la psychothérapie comportementale qui est la plus utilisée aujourd’hui dans le traitement des troubles obsessionnels compulsifs. Elle s’articule autour de la participation du patient à des exercices lui permettant de reconditionner son mental, en apprivoisant lui-même ses troubles, sous la direction de son thérapeute. Peu à peu, c’est une véritable rééducation de l’esprit et du comportement qui s’opère.
C’est le patient lui-même qui viendra à reconnaître le caractère invalidant des cycles obsessions/compulsions. Il fait ce constat en général lorsque ces rituels commencent à pendre une ampleur de parfois plusieurs heures par jour. Le fait que le diagnostic avec ses symptômes soit clairement posé par un thérapeute est important pour sa guérison.
Les traitements à base d’antidépresseurs inhibiteurs de recapture de la sérotonine (IRS) peuvent être utilisés en accompagnement de la thérapie. Ils réduiraient les troubles obsessionnels compulsifs significativement chez 2 tiers des patients.
La thérapie comportementale et cognitive est le meilleur remède aujourd’hui à un trouble obsessionnel compulsif. C’est une thérapie parfois difficile, mais qui permet de se détacher de ces angoisses au fort contenu agressif pour soi-même et pour les autres et de tout leur cortège de rituels invalidants. Ceux qui en guérissent l’affirment : chercher soi-même la cause de ses TOCS ne mène absolument nulle part. Les Tocs sont de grands symptômes de l’angoisse, une fois résolus, ils permettent de se pencher sur les autres facteurs qui génèrent ce problème chez la personne. N’hésitez pas à consulter si vous vous sentez victime de ce type de trouble.

Vous pouvez consulter, Pascal Couderc, psychologue clinicien à Montpellier, pour la prise en charge d’un TOC ou d’un TCC.

Pascal Couderc

Psychanalyste, psychologue clinicien à Paris et Montpellier

Et en visioconsultation pour les francophones partout en France et dans le monde.

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