Vaincre la dépendance affective

Le trouble de la personnalité dépendante définit plus précisément sur le plan psychologique, ce que l’on qualifie plus couramment de « dépendance affective ». Il semble toucher aujourd’hui autant les hommes que les femmes et génère un profond mal-être psychique, accompagné de complexes douloureux.

Comment se manifeste un trouble de la personnalité dépendante ?

Le sujet dépendant affectif se caractérise par un besoin continu et excessif de soutien dans sa vie, ce qui fait naître chez lui des comportements d’attachement et de soumission. Ces comportements affectent non seulement sa vie affective et amoureuse, mais s’étendent aussi à ses relations sociales, notamment dans le monde professionnel.
Une impossible autonomie est au centre du trouble de la personnalité dépendante. La dépendance est présente à tous les niveaux, notamment au niveau de la réflexion personnelle, car ces sujets ont sans cesse besoin de l’appui et de la caution des autres. Ils ont peur de mal faire et sont persuadés d’être incapables ans les autres. Certains comportements sont révélateurs des symptômes d’un trouble de la personnalité dépendante, notamment lorsqu’un sujet :

  • s’attache et se soumet excessivement aux autres pour être aidé et protégé ;
  • a toujours besoin de grosses quantités de conseils, de réassurance ou de preuves d’affection qui ne sont jamais suffisantes (notamment avant de prendre une décision ou d’affronter une situation) ;
  • rend les autres responsables des aspects importants de sa vie ;
  • n’ose pas exprimer ses désaccords avec les autres de peur de ne plus recueillir leur approbation ;
  • montre des difficultés à entamer seul des projets ;
  • peut commettre des actes extrêmes pour les autres et a tendance, dans son fonctionnement social, à « donner trop » ;
  • ressent de l’abandon et de l‘impuissance quand il se retrouve seul ;
  • éprouve un besoin excessif de retrouver un autre partenaire pour s’occuper de lui lorsqu’une relation se termine.

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La dépendance affective au niveau amoureux

La vie amoureuse est le théâtre où le trouble de la personnalité dépendante s’exprime avec le plus d’intensité. C’est là souvent qu’il fait naître les plus grandes souffrances, en déséquilibrant totalement les individus dans leurs relations. Ils recherchent les schémas relationnels où les liens d’attachement et de dépendance les prédisposent à souffrir en étant dévalués, voire humiliés, par peur du rejet ou de l’abandon. La relation amoureuse va alors créer une peur et provoquer un véritable conflit psychique chez le sujet, qui a besoin de vivre, de rejouer cette dépendance sans cesse, car elle fonde pour lui la relation à l’autre.

La prévalence du trouble de la personnalité dépendante dans la population générale est égale entre hommes et femmes. Ce trouble n’affecte pas précisément un sexe, mais plutôt un type de personnalité, les plus passives étant les plus concernées. C’est en se basant sur l’idée de ce que l’amour de l’autre doit être précisément pour elles, et en fantasmant leur relation, qu’elles font perdurer dépendance et soumission. Puis, les sentiments de culpabilité et de dévalorisation que ces comportements font naître vont achever de boucler cet engrenage en alimentant la fabrique du désamour et du déni de soi.
La dépendance va alors gâcher la relation à soi, la relation à l’autre, et au final, installer un mal de vivre. La personne souffrant de ce mal va collectionner l’instabilité et les faux départs dans sa vie amoureuse en s’enflammant trop vite. Ces déceptions répétées engendrent avec le temps des souffrances affectives intenses, la solitude et la peur d’aimer.

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Les origines du trouble

Les personnes atteintes d’un trouble de la personnalité dépendante, sont celles dont les besoins affectifs fondamentaux n’ont pas été satisfaits lors de la petite enfance. Parmi ceux-ci, citons le besoin d’attachement, considéré comme fondamental par la psychanalyse et la psychiatrie.
Pour être vecteur, à l’âge adulte d’une capacité à créer des liens en toute sécurité, le besoin d’attachement du petit enfant doit être rempli de façon satisfaisante. Un entourage aimant l’aide ainsi à se construire peu à peu un socle de stabilité personnelle reposant sur une bonne image de soi, et qui va faire croître en lui la capacité d’aimer en toute sécurité.
Mais, si l’entourage de l’enfant n’est pas apte à procurer cette base, sa confiance en lui subit une altération qui peut l’entraver dans sa capacité à créer des relations stables et équilibrées. Les attachements sont alors marqués par des conflits d’évitement, d’angoisses et des désordres divers. C’est ce qui est à l’œuvre dans le trouble de la personnalité dépendante, et la raison pour laquelle aussi, les sujets atteints présentent une vulnérabilité plus grande aux addictions comme l’alcoolisme, les troubles du comportement alimentaire (boulimie, anorexie), les drogues, les achats compulsifs…

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Guérir de la dépendance affective

Les grands dépendants étouffent leur vie intérieure et leurs véritables besoins. Ils passent souvent leur temps à satisfaire les besoins des autres, les confondant avec les leurs. Pour se construire un Moi plus solide et amorcer une conquête de leur indépendance, elles doivent rechercher de l’aide. Parfois, ce sont les affres d’une relation affective douloureuse ou la peur de la solitude, qui va les convaincre d’entamer un travail sur soi avec un thérapeute. D’autres fois, cependant, c’est une véritable dépression affective qui les amène dans le cabinet du psy, pour élucider les raisons de cette dépendance qui les aliène et les fait continuellement souffrir.

Plusieurs approches thérapeutiques sont pratiquées aujourd’hui. La psychanalyse s’attache à l’histoire personnelle des sujets et s’applique à démêler et mettre en lumière ce qui, dans le parcours de la personne dépendante, a pu provoquer une faille narcissique. Ceci afin de remonter aux origines de ce qui cause cette souffrance psychique et ces besoins affectifs démesurés.

Les TCC, ou thérapies cognitivo-comportementales, sont aussi très utilisées pour cette forme de trouble du comportement. La psychothérapie va viser les croyances erronées que la personne nourrit sur sa relation et sa dépendance pour chercher à les modifier. Il va s’agir de clarifier les besoins affectifs fondamentaux non satisfaits, qui trouvent à s’exprimer à travers l’autre et d’apprendre à les nourrir correctement.
La confiance en soi qu’il faut parvenir à restaurer est le fil conducteur incontournable d’une thérapie visant à venir à bout d’une dépendance affective.

Pascal Couderc, psychologue clinicien et psychanalyste à Montpellier, est spécialiste de la dépendance et des relations affectives problématiques, comme celles nouées avec un pervers narcissique.  Il consulte sur Skype ou via téléconsultation pour tous ceux qui ne peuvent directement se rendre jusqu’à lui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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