Solutionner une cyberaddiction

cyberaddictionLa cyberaddiction ou cyberdépendance est une addiction comportementale. Corollaire à l’essor d’internet et à la prolifération des supports connectés dans notre quotidien, elle ne concerne pas seulement les ados, mais touche à peu près tous les âges et tous les sexes.

 

Qu’est-ce que la cyberaddiction ?

La cyberaddiction se manifeste par une consommation de technologies de l’information sur un mode excessif et compulsif, qui rend le sujet proprement dépendant. Sa vie va se réduire peu à peu pour ne plus tourner qu’autour de cette unique activité, toute tentative de sevrage entraînant une souffrance.

La cyberaddiction fait partie des dépendances comportementales au même titre que les achats compulsifs, la dépendance aux jeux ou l’addiction au travail. Elle ne rend pas accro à une substance comme cela se produit avec les drogues, mais la perte d’autonomie reste le dénominateur commun avec la toxicomanie.
En 2018, on estimait la prévalence de cette conduite addictive entre 1 et 18,7 % selon les études, une enquête du Sénat ayant démontré que 6 à 8 % des internautes auraient un usage inapproprié de leur smartphone et d’internet.
La multiplication des sollicitations d’internet dans nos vies ouvre la porte à la cyberaddiction grâce notamment à :

  • l’essor phénoménal des réseaux sociaux, ou le web relationnel ;
  • internet comme seule source informative aujourd’hui ;
  • l’explosion du jeu sur la toile : jeux d’argent et jeux de hasard désormais en ligne, mais aussi jeux vidéo et gambling ;
  • le cybersexe et la pornographie.

 

Symptômes, causes et conséquences de ce trouble

Les psychologues s’aident actuellement des études faites dans le champ d’autres dépendances, pour définir des critères servant à diagnostiquer ce nouveau type de conduite addictive.

 

Symptômes

Les personnes souffrant de cyberaddiction, présentent, le plus souvent, les signes suivants :

  • une emprise du virtuel avec une forme de préoccupation constante ;
  • des durées de connexion qui augmentent sans cesse ;
  • l’incapacité de stopper leur compulsion ;
  • des mensonges relatifs à l’utilisation du web ;
  • une mise à l’écart de l’entourage affectif au profit d’internet.

 

Facteurs responsables

Les causes de la cyberaddiction sont multiples, même si l’on peut distinguer 2 grands types de facteurs à l’origine.
Sur le plan environnemental, il semble que l’isolement, la solitude et les relations interpersonnelles difficiles, notamment à l’école en ce qui concerne les ados, soient un premier facteur de trouble. Parallèlement à la montée de la solitude dans nos sociétés, internet propose une connexion avec les autres permanente, accessible, et qui plus est, favorisant la désinhibition grâce à l’anonymat.
Des facteurs psychologiques interviennent aussi dans cette dépendance pathologique. Les personnes qu’elles touchent sont plus sujettes à la déprime ou à l’anxiété que les autres. Il n’est pas rares d’ailleurs que chez certaines, la cyberaddiction vienne en relai d’autres dépendances, auxquelles internet offre un terrain d’expression privilégié. On pense notamment à la dépendance affective, qui trouve un exutoire de choix dans la pratique du chat et des sites de rencontres. La dépendance au jeu est aussi concernée, avec les applications de poker ou autres paris hippiques en ligne, ou encore la dépendance au sexe, avec le vaste supermarché virtuel qu’offre la toile dans ce domaine.

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Les conséquences

Une souffrance significative et un délabrement de la santé et du psychisme des individus est la conséquence directe de cette addiction.
Sur le plan physique, une cyberaddiction se manifeste notamment par :

  • des troubles du sommeil ;
  • des maux de tête et des problèmes oculaires ;
  • des troubles musculo squelettiques au niveau du dos et des bras ;
  • des désordres alimentaires : repas sautés, dénutrition, perte de poids ;
  • une mauvaise hygiène personnelle ;
  • de l’épuisement et une fatigue qui devient chronique.

 

Au niveau psychologique et social, on note :

  • un désintérêt généralisé pour la vie « déconnectée » ;
  • le désinvestissement de toute vie sociale ;
  • de l’irritabilité et des difficultés à verbaliser sentiments et émotions ;
  • un déni devant le problème ;
  • l’isolement et l’absence de vie amoureuse ;
  • des complications comportementales et une baisse des résultats scolaires chez l’ado.

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Le traitement

Lorsque l’on commence à penser traitement, en matière de cyberaddiction, il faut avoir en tête un élément différenciant ce type d’addiction des autres. Le monde actuel qui s’organise de plus en plus autour des nouvelles technologies de l’information ne permet pas une « désintoxication » au sens où on la souhaite dans le cas d’une drogue rattachée à une substance dangereuse. Ce n’est donc pas l’abstinence qui sera visée, mais une consommation modérée d’internet, jeux vidéo et nouveaux médias électroniques.

 

Différentes thérapies sont possibles, dont de nouvelles encore à l’étude car ce nouveau mode addictif soulève un de gros problèmes de santé mentale pour l’avenir.
Chez les adolescents, c’est la thérapie familiale, qui réunit parents et enfant en présence du thérapeute, qui est encore la plus employée. On parle aussi de thérapie systémique, car elle étudie le jeune à partir du milieu dans lequel il évolue. Il est conseillé aux parents de réagir plus rapidement lorsqu’il note chez leur ado des temps de connexion qui s’éternisent, la chute des notes à l’école et les repas fragmentés par la présence devant la console de jeux ou l’écran. Bien souvent, ils n’arrivent en consultation que quand l’ado est déjà addict et présente des troubles de la communication et du comportement.
La thérapie familiale donne néanmoins de bons résultats, à raison de 2 à 4 séances par mois. Elle s’efforce d’inscrire le symptôme dans le contexte familial pour faire en sorte qu’il y ait, dans un premier temps un débat, puis l’instauration de règles strictes, par rapport à la consommation de jeux et d’images. Puis, dans un second temps, elle s’attache à l’affectivité des jeunes, leurs attentes et tout le flot émotionnel qu’ils investissent dans le virtuel, en rapport souvent avec les problématiques affectives et identitaires propres à leur âge. Le but de la thérapie sera bien sûr de restaurer la connexion entre le jeune et sa famille et de reposer et clarifier les attentes et besoins de chacun.

 

Chez les adultes, c’est la thérapie comportementale et cognitive, qui peut être associée à un traitement médicamenteux qui est le plus utilisée. Elle donne de bons résultats, couplée avec des dispositifs comme le groupe de soutien, pour briser l’isolement et réapprendre à retrouver des centres d’intérêt et des activités bien incarnées dans la vie réelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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