éviter-un-suicide La dépression est un sentiment de vide et d’inutilité que l’on retrouve dans les accidents de la vie. comme le suicide. Souvent, c’est avec la perte d’emploi, synonyme de perte de cadre horaire et de vie sociale que le désir de vie s’éteint…Heureusement, il faut savoir qu’une crise suicidaire n’est pas un processus linéaire et irréversible. Il est possible d’éviter un suicide en arrêtant ce processus en cours de route.

Comprendre la crise suicidaire pour éviter un suicide

Une crise suicidaire est liée à un état dépressif où les sujets, en proie à une détresse psychologique intense, ne trouvent d’autre alternative valable que la mort pour solutionner leurs souffrances. Ce processus se développe graduellement, et il est possible d’éviter un suicide en le comprenant.

Le risque suicidaire existe, dès que le sujet rentre dans cette crise, soit à partir du moment où la mort devient la solution à son désespoir. De fait, les personnes suicidaires ne désirent pas réellement mourir, mais souhaitent surtout mettre un terme à leur douleur.

La dépression serait à l’origine d’au moins 70 % de cas de suicide en France. Les sujets cherchent une solution active à leurs problèmes, mais n’en trouvent pas. Devant cette impuissance, l’idée de la mort commence à se profiler de façon fugace, mais elles n’en sont pas, à ce stade, à la tentative de suicide.
Le fantasme du suicide va prendre de l’importance au fur et à mesure que s’installe définitivement l’impuissance. À ce stade, les sujets ont encore peur des conséquences de leurs actes (c’est la peur de perdre le contrôle).
Il deviendra de plus en plus dur d’éviter un suicide si le sujet commence à se livrer à d’intenses ruminations mentales. C’est là que l’option du suicide peut l’emporter sur les autres solutions pour lui et déboucher sur les étapes suivantes. Son intention peut ensuite se cristalliser à la faveur d’un paroxysme de souffrance et déboucher sur la planification de l’acte, suivie de son dénouement.

La prévention du suicide passe par la vigilance de l’entourage aux divers paliers du processus suicidaire. Lors des phases les plus critiques, certains mots ou certaines phrases doivent alerter : « Je ne sers plus à rien », «je vais en finir », « ce serait mieux si j’étais mort »… Chez les sujets les plus déterminés, les allusions sont parfois plus indirectes : « J’ai plan », « je ne vous embêterai plus longtemps »…
Éviter un suicide passe aussi par la connaissance des signes qui signalent un passage à l’acte imminent. Il convient de se méfier si le sujet a mis toutes ses affaires en ordre, notamment ses dispositions testamentaires, s’il se réfugie dans un isolement anormal ou s’il est totalement anéanti par la douleur psychique. Chez certains, la décision de mettre fin à leurs jours entraîne, au contraire, un calme soudain. Tout changement de comportement suspect doit retenir l’attention. Plus le plan du sujet en bute à des envies de suicide est précis, plus il faudra agir vite. Il ne faudra jamais, dans ce cas, le laisser seul. Des réseaux de soutien existent et le médecin traitant et des professionnels qualifiés doivent être consultées.

 

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La difficulté de vivre auprès d’une personne suicidaire amène ceux qui aident aussi fréquemment à recourir à une prise en charge personnelle pour se protéger. Empêcher le suicide d’un proche est une lourde charge et il est peu prudent d’y faire face seul. De même, les personnes en proie à des idées suicidaires envahissantes doivent oser parler du suicide avec leurs proches ou un professionnel.
Un problème d’addiction comme l’alcoolisme ou la toxicomanie accroît la vulnérabilité au risque suicidaire.

 

Le nombre de suicidés en France

Selon les spécialistes, le taux de suicide serait un reflet de notre lien social. On ne peut en tirer que de tristes conclusions si l’on considère que le suicide en France se porte bien. Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il convient de se pencher sur quelques chiffres.

Avec plus de 9 000 décès par suicide tous les ans, la France présenterait l’un des taux les plus élevé de mortalité par suicide en Europe, selon les derniers rapports de santé publique de 2019. En 2016, une étude menée par la Fondation Jean Jaurès, en partenariat avec l’Ifop, révélait que 20  % des Français auraient déjà songé au suicide en 2015 (en 2014, L’Inserm établissait déjà une moyenne de 25 décès par suicide par jour).

Le suicide a tout l’air de rester un tabou français, car il est un sujet dont l’on parle peu. Il reflète, de fait, les difficultés socioéconomiques de notre époque comme en témoignent les observations de la Dress en 2014, relatant le profil et les trajectoires des personnes susceptibles d’avoir des idées suicidaires.

Pour ces dernières, l’intégration professionnelle est souvent difficile. Il y a 50 % de chômeurs de plus, parmi ces personnes. Lorsqu’elles travaillent, elles sont plus exposées à des troubles psychosociaux (stress chronique, dépression). Ainsi, la moitié des actifs en proie à une envie de suicide souffrent de trouble anxieux généralisé (5 % de la population générale), et 8 sur 10 déclarent un épisode dépressif caractérisé.

 

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Il est également courant que les actifs concernés ne soient pas satisfaits de leur parcours professionnel. Enfin, l’enquête indique que ces personnes ont « des sentiments exacerbés » vis-à-vis de l’importance qu’occupe leur travail dans leur vie : 18 % d’entre elles déclarent que la recherche d’emploi est plus importante que tout (contre 5 % ne présentant pas d’idées suicidaires). Elles sont 12 % à déclarer, au contraire, que cela a peu d’importance, contre 4 % de personnes n’ayant jamais songé à se suicider.

Chaque année, le suicide fait près de 10 500 morts, soit 3 fois plus que les accidents de la circulation. Environ 220 000 tentatives de suicide sont prises en charge par les urgences hospitalières sur la même période.  Il existe des liens forts entre idées suicidaires, tentatives de suicide et suicides accomplis, en termes de pronostics.

Il ne faut jamais minorer un risque de suicide chez un proche, ou même négliger son propre mal-être. Un processus suicidaire peut mettre entre 2 mois et 2 ans avant qu’un sujet ne décide de mettre fin à ses jours. Le sujet fragilisé par une maladie mentale et des antécédents psychiatriques est plus enclin à attenter à ses jours.

Pascal Couderc, psychologue clinicien à Montpellier est spécialiste des addictions. Il prend en charge aussi les patients victimes de troubles dépressifs et de tendances suicidaires.

 

Pascal Couderc

Psychanalyste, psychologue clinicien à Paris et Montpellier

Et en visioconsultation pour les francophones partout en France et dans le monde.