Charcot essaie de localiser la cause physique de l’hystérie.

C’est pour ça qu’il l’inscrit dans le champ des maladies nerveuses. Pour lui, l’hystérie avait une cause organique. Il va donc appliquer sa méthode clinique qui consiste à établir des tableaux symptomatologiques (sémiologie).

Il essaie de faire apparaître et de repérer des symptômes qui auraient un caractère constant, permanent. Il va faire une recherche dans les documents de procès de sorcellerie (on y décrivait des manifestations identiques à celles observées dans son service).

Il tire argument de ces constatations pour affirmer qu’il y a quelque chose de constant, de permanent dans l’hystérie qui confirme l’idée que sa cause est organique.

Il entreprend une série d’investigations

Il étudie et décrit les troubles hystériques de la sensibilité de la peau, de la sensibilité des tissus profonds, des troubles hystériques liés au fonctionnement et au dysfonctionnement des organes des sens, liés à des modifications du métabolisme, il étudie les contractures, les paralysies, les anesthésies. Il pense qu’il est possible de repérer au niveau du corps de l’hystérique, des zones privilégiées : des zones hystérogènes.

Il décrit les crises d’hystérie. Aussi bien la grande que la petite crise.

La grande crise (la grande attaque)

Il isole 3 temps, 3 étapes essentielles qui marquent l’évolution de la crise :

  • La période épileptoïde
  • La période des grands mouvements
  • La période des hallucinations et des attitudes passionnelles

(Voir les leçons du mardi de la Salpêtrière).

Ces grandes crises ont quasiment disparu des tableaux de symptômes de l’hystérie. Un certain type de grandes crises sont maintenant étiquetées abusivement comme des psychoses. Les malades sont donc hospitalisés comme psychotiques et vont se chroniciser comme des psychotiques. Il y a pourtant des différences fondamentales.

Ces tableaux cliniques singuliers sont aussi maintenant appelés psychoses hystériques.

Ces grandes crises que l’on appelait grande attaque complète et régulière ou encore l’attaque de la Salpêtrière, se trouvent décrites dans tous les traités des maladies mentales de l’époque.

Cela a permis à Charcot de découvrir deux choses :

L’identification de l’hystérie masculine (troubles qu’on attribuait à des intoxications)

L’hystérie masculine est bien plus fréquente qu’on le supposait. Il a pu ainsi rattacher un certain nombre de troubles, de maladies diffuses au tableau clinique de l’hystérie. Ainsi des affections, des troubles psychiques consécutifs à des traumatismes. C’est ce qu’on appelle des névroses traumatiques. Il s’agit en fait d’hystérie. Charcot a décrit un nombre incalculable de cas d’hystérie masculine.

Il en a recherché la cause et il a déclaré que la seule étiologie possible de l’hystérie était organique, héréditaire.

Il range l’hystérie dans la (théorie) de la dégénérescence. Mais il a toujours dit que d’autres causes pouvaient intervenir. Des causes fortuites, des agents provocateurs.

Il voulait pouvoir ranger toutes les maladies nerveuses dans sa théorie, doctrine de la famille névropathique.

Les expériences hypnotiques de Charcot sur les hystériques ont eu un effet décisif sur Freud qui a l’intuition de l’inconscient.

Dans les 50 dernières années du 19ème siècle, les cliniciens escomptaient guérir un certain nombre de maladies. L’hypnose était considérée comme un instrument dont on attendait des vertus thérapeutiques. Charcot a utilisé ces démonstrations dans un but didactique, surtout pour mettre en évidence un certain nombre de manifestations paradoxales chez les hystériques. Il a pressenti qu’il y avait un lien entre les états hystériques et les états hypnotiques.

C’est lorsqu’il étudie les paralysies hystériques post-traumatiques, qui étaient surtout des paralysies hystériques masculines, qu’il a l’idée de reproduire artificiellement cette paralysie par l’hypnose chez des patientes. Par exemple, Charcot réussissait à provoquer toute une série de manifestations hystériques chez des sujets qui ne l’étaient pas. Les expériences les plus spectaculaires étaient les transferts de paralysie :

– sur le même sujet (passage d’une paralysie du bras droit au bras gauche)

– échange de paralysie entre 2 sujets.

Il pensait que ces paralysies hystériques devaient intervenir à la suite de représentations d’événements oubliés. Ces représentations agissaient à l’insu des patients. Il a donc découvert le mécanisme de formation du symptôme hystérique.

Le rapport hystérie/hypnose

Les médecins de l’époque (Charcot le 1er) ont été manipulés, aveuglés par les hystériques. Ils ont été victimes de l’intrigue hystérique.

L’intrigue hystérique

c’est ce type de rapport névrotique dans lequel l’hystérique capture l’autre sans que l’autre s’en rende compte, soit pour mieux lui faire payer quelque chose, soit pour le destituer. L’autre s’y laisse prendre.

Les médecins se sont trouvés eux-mêmes confortés par toutes les expériences spectaculaires, ils n’ont pas repéré que les hystériques produisaient quelque chose à leur intention, spécialement à leur intention (lieux de découpe du symptôme sur le corps, la localisation des symptômes).

Les lieux de découpe du symptôme sur le corps :

  1. a) Les paralysies et anesthésies hystériques

Ces paralysies et anesthésies s’organisent selon des plans de clivage. En particulier, les hémianesthésies, paralysies s’organisent selon un plan médian.

Une partie du corps devient antinomique de l’autre. Une des deux parties est privée de sensibilité.

Dans la paralysie, anesthésie partielle, la localisation n’obéit pas à une localisation anatomique ou physiologique ; mais ces paralysies ou anesthésies semblent concerner des lieux du corps recouverts par certains vêtements, d’où les noms : anesthésie en gants ou en chaussettes, en ceinture, guêtres, etc.

Ce qui est intéressant, c’est le lieu de découpe. Il offre des caractères particuliers. Il s’agit toujours de lieux de rétrécissement du corps (poignets, genoux, cou).

Ces lieux ont une histoire (chez la femme) surdéterminée idéologiquement, érotiquement (bijoux…).

Le cou est un lieu privilégié comme point de départ des symptômes hystériques.

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