Les troubles obsessionnels compulsifs
Comprendre les TOC pour s'en libérer
Les troubles obsessionnels compulsifs, communément dénommés TOC, font partie des troubles psychologiques les plus répandus, après les phobies, les addictions et la dépression. Le TOC se caractérise par des pensées obsessionnelles et des comportements répétitifs qui envahissent le quotidien des patients qui en souffrent.
La prévalence pour l'ensemble de la population sous 18 ans est de 3,6 %. Ce trouble touche en majorité des jeunes et des enfants, même si 2 % des adultes seraient concernés. Comment reconnaître un TOC et comment s'en sortir ? Pascal Couderc, psychologue à Montpellier, Paris et à distance, vous l'explique.
Troubles obsessionnels compulsifs : la définition
Qu'est-ce qu'un TOC ?
Un trouble obsessionnel compulsif empoisonne en général la vie des personnes atteintes. Il fait irruption dans leur existence sous la forme d'une idée ou d'une pensée obsédante, dont elles n'arrivent pas à se défaire. Les troubles obsessionnels compulsifs entraînent un comportement rituel visant à neutraliser la force de ces pensées : on le nomme la compulsion.
La vie des personnes souffrant de TOC est donc rythmée par le duo infernal obsession-compulsion, qui les perturbe et peu à peu, les handicape dans leur vie familiale, sociale et professionnelle.
Propreté et contamination
Obsession des microbes entraînant l'acte compulsif de se laver les mains de façon répétée ou de tout nettoyer autour de soi.
Ordre et symétrie
Manie de l'ordre, besoin irrépressible que chaque chose soit à sa place exacte, rangée selon un schéma précis.
Phobies de maladie
Crainte obsessionnelle de contracter une maladie, accompagnée de rituels de vérification corporelle.
Phobies d'impulsion
Anxiété d'être coupable d'un acte répréhensible, peur de passer à l'acte malgré soi.
Les symptômes du trouble obsessionnel compulsif
Le TOC fait toujours irruption sous forme de doutes ou de craintes incontrôlables et fait partie, à ce titre, des troubles anxieux.
Les compulsions jouent le rôle de boucliers psychiques, censés endiguer ces attaques. Raison pour laquelle, elles se décomposent en gestes et en comportements très précis. On parle de rituels compulsifs, assortis d'un effet conjuratoire. Ces actes répétitifs ont pour but d'atténuer l'angoisse et l'anxiété.
Les exemples de troubles obsessionnels compulsifs les plus répandus concernent les actes de vérification, de répétition et de désinfection. La plupart du temps, les patients atteints ont conscience de l'absurdité de ces comportements, mais ne peuvent absolument pas s'empêcher d'y obéir.
Certains troubles obsessionnels comme les comportements d'accumulation excessifs sont assimilés aux troubles obsessionnels compulsifs. Ils consistent à accumuler des objets sans besoin objectif et sans utilité, tout en demeurant incapable de s'en séparer.
Les phobies sont aussi parfois difficiles à distinguer des obsessions. Citons par exemple l'obsession du malheur, avec la crainte qu'il n'arrive un accident, par exemple, à un être proche. Le trouble compulsif de surprotéger cet être va naître alors de l'obsession, assorti de rituels et de croyances irrationnelles : défense de porter certains vêtements, récitation de prières…
Le développement des TOC
Le rôle de la famille semble primordial dans le développement des troubles obsessionnels compulsifs. Bien souvent, les conjoints ou parents participent, bien malgré eux, à l'élaboration des rituels compulsifs. Le danger est donc qu'en tentant d'atténuer l'angoisse du patient, son entourage participe en réalité à l'installation du trouble.
De plus, un TOC évolue très rarement de lui-même vers la guérison. Une fois la période de l'adolescence passée, seules les psychothérapies et les traitements médicamenteux sont susceptibles d'apporter une amélioration.
Il est à noter que ce trouble touche autant les hommes que les femmes, quand d'autres troubles tels que les problèmes dépressifs ont plus tendance à concerner les femmes. Deux âges sont particulièrement critiques pour l'apparition des premiers symptômes : chez l'enfant autour de 10 ans et à l'âge adulte vers 21 ans. Les troubles semblent apparaître plus précocement chez les garçons que chez les filles. À l'adolescence, la dépression offre un terrain favorable à l'apparition de ce trouble chez les deux sexes.
Qu'en pense la psychanalyse ?
Freud et Janet se sont intéressés de près à l'obsession. Freud établit une théorie de la névrose obsessionnelle à partir du cas de l'un de ses patients les plus célèbres : « l'homme aux rats ».
Le conflit intrapsychique selon Freud
Freud conclut que ce type de névrose résulte d'un conflit intrapsychique entre les pulsions de son patient et son surmoi. Le Moi, forcé de se plier à un compromis fait naître culpabilité et anxiété, accompagné d'idées obsédantes et de rituels conjurateurs.
Le terme « névrose obsessionnelle » rentrera donc dans la classification des maladies mentales au XXe siècle, aux côtés des névroses phobiques et des névroses d'angoisse. Plus tard, le terme de « troubles obsessionnels compulsifs » viendra détrôner celui de « névrose obsessionnelle », dans une vision plus descriptive et comportementale de la pathologie, qui s'éloignera des fondamentaux de la psychanalyse.
Comment se débarrasser des troubles obsessionnels compulsifs ?
C'est la psychothérapie comportementale qui est la plus utilisée aujourd'hui dans le traitement des troubles obsessionnels compulsifs. Elle s'articule autour de la participation du patient à des exercices lui permettant de reconditionner son mental, en apprivoisant lui-même ses troubles, sous la direction de son thérapeute. Peu à peu, c'est une véritable rééducation de l'esprit et du comportement qui s'opère.
C'est le patient lui-même qui viendra à reconnaître le caractère invalidant des cycles obsessions/compulsions. Il fait ce constat en général lorsque ces rituels commencent à prendre une ampleur de parfois plusieurs heures par jour. Le fait que le diagnostic avec ses symptômes soit clairement posé par un thérapeute est important pour sa guérison.
Les traitements à base d'antidépresseurs inhibiteurs de recapture de la sérotonine (IRS) peuvent être utilisés en accompagnement de la thérapie. Ils réduiraient les troubles obsessionnels compulsifs significativement chez 2 tiers des patients.
La thérapie comportementale et cognitive (TCC) est le meilleur remède aujourd'hui à un trouble obsessionnel compulsif. C'est une thérapie parfois difficile, mais qui permet de se détacher de ces angoisses au fort contenu agressif pour soi-même et pour les autres et de tout leur cortège de rituels invalidants.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un trouble obsessionnel compulsif (TOC) ?
Un TOC se caractérise par des pensées obsessionnelles et des comportements répétitifs (compulsions) qui envahissent le quotidien. Les obsessions les plus connues touchent la propreté, la contamination, l'ordre ou les phobies d'impulsion. La vie des personnes atteintes est rythmée par le duo obsession-compulsion.
Quels sont les symptômes des TOC ?
Le TOC fait irruption sous forme de doutes ou craintes incontrôlables. Les compulsions se décomposent en rituels précis à effet conjuratoire — vérification, répétition, désinfection. Les patients ont conscience de l'absurdité de ces comportements mais ne peuvent s'empêcher d'y obéir.
Que dit la psychanalyse sur les TOC ?
Freud établit une théorie de la névrose obsessionnelle à partir du cas de « l'homme aux rats ». Il conclut que cette névrose résulte d'un conflit intrapsychique entre les pulsions du patient et son surmoi, faisant naître culpabilité, anxiété et rituels conjurateurs.
Comment soigner un TOC ?
La thérapie comportementale et cognitive (TCC) est le meilleur traitement actuel. Les antidépresseurs IRS peuvent l'accompagner et réduiraient les TOC chez 2 tiers des patients. Une amélioration s'observe dans 50 % des cas, avec une résorption possible à 75 %.
Se libérer des TOC est possible
Pascal Couderc, psychologue clinicien à Montpellier et Paris, formé à la TCC, vous reçoit en cabinet ou en consultation à distance pour vous aider à guérir d'un TOC.